Burkina, nouveau code du travail :Harcèlement moral et sexuel pris en compte
Ouagadougou, 22 mai 2026 (Globinfos.net) – Le Burkina Faso franchit une nouvelle étape dans la modernisation de son environnement professionnel. L’Assemblée Législative du Peuple (ALP) a adopté à l’unanimité, le 6 mai 2026, la nouvelle loi portant Code du travail.
L’annonce officielle a été faite ce vendredi à Ouagadougou par Mathias Traoré, au cours d’une conférence de presse réunissant les hommes et femmes de médias.
Structuré en 10 titres, 30 chapitres et 441 articles, ce nouveau Code du travail apporte plusieurs innovations visant à renforcer la protection des travailleurs, assainir le marché de l’emploi et améliorer la compétitivité des entreprises burkinabè.
Selon le ministre, cette réforme s’inscrit dans une dynamique de souveraineté nationale et tient compte des nouvelles réalités du monde du travail au Burkina Faso.
Des CDD désormais limités
Parmi les principales innovations, le gouvernement limite désormais le renouvellement des contrats à durée déterminée (CDD).
« Une entreprise ne pourra conclure avec un même travailleur plus de trois CDD, même de façon discontinue », a précisé le ministre.
Le texte prévoit également un encadrement plus strict du travail temporaire ainsi que la prise en compte du télétravail afin d’adapter la législation aux évolutions technologiques et aux nouvelles méthodes de travail.

Licenciement abusif : des indemnisations revues à la hausse
Le nouveau Code du travail renforce également les droits des travailleurs en cas de licenciement abusif. Les dommages et intérêts passent désormais de 18 à 24 mois de salaire.
Autre changement important : le seuil d’appel des décisions judiciaires est relevé de 200 000 FCFA à 1 000 000 FCFA.
Grèves et conflits sociaux mieux encadrés
La réforme introduit aussi de nouvelles dispositions dans la gestion des conflits collectifs de travail.
Désormais, un préavis devra obligatoirement être respecté avant tout mouvement de grève. Le texte instaure également un service minimum afin d’assurer la continuité de certains services essentiels en période de crise sociale.
Recrutement des travailleurs étrangers sous contrôle. Le nouveau Code encadre davantage l’embauche des travailleurs non nationaux.
Tout employeur souhaitant recruter un travailleur étranger non résident devra obtenir une autorisation préalable du service public de l’emploi. Le travailleur concerné devra également disposer d’un permis de travail délivré par la Direction générale du travail.
Harcèlement moral et sexuel pris en compte.
Sur le plan social, la nouvelle loi intègre désormais le harcèlement moral et redéfinit le harcèlement sexuel en milieu professionnel afin de faciliter les poursuites judiciaires contre les auteurs de ces actes.

Le texte prévoit également l’extension de certaines protections sociales, notamment la suspension du contrat de travail des travailleurs détenus sans faute professionnelle, qui passe de six à dix mois.
Plus de protection pour les femmes salariées
Les femmes salariées bénéficient aussi de nouvelles avancées.
Le repos pour allaitement passe désormais de 14 à 15 mois. Les femmes enceintes pourront également bénéficier d’un congé de maternité deux semaines avant la date présumée de l’accouchement, sur présentation d’un certificat médical.
En conclusion, Mathias Traoré a invité l’ensemble des acteurs du monde du travail à s’approprier ce nouveau Code, estimant que son application rigoureuse contribuera à restaurer la dignité des travailleurs tout en améliorant la productivité des entreprises burkinabè.
Soukriya NACRO ✍️ Globinfos.net
