Burkina Faso : en un an, le SAMU a réalisé près de 15 000 interventions et appelle à un usage responsable du numéro 15
Ouagadougou, 22 juillet 2026 (Globinfos.net) – La Direction de la communication et des relations presse (DCRP) du ministère de la Santé, en collaboration avec la Direction générale du Service d’aide médicale urgente (SAMU Burkina), a organisé ce mercredi une journée d’immersion médiatique au siège de l’institution.
Cette initiative a permis aux journalistes de découvrir le fonctionnement du SAMU et de prendre connaissance du bilan de sa première année d’opérationnalisation.
Face à la presse, le Directeur général du SAMU Burkina, Pr Armel Flavien Kaboré, a dressé un bilan qu’il juge globalement satisfaisant. Il a souligné une hausse constante des sollicitations de la population, aussi bien à Ouagadougou qu’à Bobo-Dioulasso, malgré des défis persistants liés aux ressources humaines et aux équipements.

Selon lui, près de 15 000 interventions ont été réalisées en une année. Plus de 10 000 concernaient des transferts de patients entre établissements de santé (interventions secondaires), tandis qu’environ 4 500 à 4 600 étaient des interventions primaires, consistant à porter directement secours à des personnes en détresse.
« L’année écoulée a été marquée par une augmentation des sollicitations du SAMU à Ouagadougou comme à Bobo-Dioulasso, témoignant de l’importance de cette structure complémentaire de la Brigade nationale des sapeurs-pompiers (BNSP) dans la gestion des urgences médicalisées », a indiqué le Pr Kaboré.
Le Directeur général a toutefois regretté que le SAMU demeure encore insuffisamment connu du grand public, sa notoriété étant davantage limitée aux professionnels de santé. Il a ainsi invité les citoyens à composer le numéro 15 sans hésitation en cas de détresse vitale, rappelant que les interventions primaires, y compris à domicile, sont entièrement gratuites.
Autre sujet de préoccupation : 48 % des appels reçus par le SAMU sont des appels malveillants ou sans lien avec une urgence médicale.
« Nous avons 48 % de nos appels qui sont des appels que nous qualifions de malveillants », a déploré le Pr Kaboré, soulignant que chaque appel fantaisiste peut retarder la prise en charge d’une personne dont la vie est réellement en danger.
Il a également évoqué le déficit en personnel et le nombre encore insuffisant d’ambulances. À cet effet, le ministère de la Santé prévoit, dans les prochains mois, un renforcement des effectifs ainsi qu’un plan d’acquisition de nouveaux moyens logistiques.
Au cours de cette immersion, les journalistes ont visité le parc d’ambulances ainsi que la salle de régulation des appels, véritable centre névralgique où sont traitées toutes les sollicitations reçues au 15. Un écran géant permet d’y suivre en temps réel, grâce à la géolocalisation, les déplacements des ambulances. Le médecin régulateur y analyse chaque appel, évalue le degré d’urgence, prodigue si nécessaire des conseils médicaux à distance et coordonne l’orientation des patients vers les structures de santé les mieux adaptées.
La visite s’est achevée par une immersion sur le terrain, les journalistes suivant une ambulance du SAMU mobilisée pour une intervention secondaire au Centre hospitalier universitaire Yalgado Ouédraogo.
À travers cette initiative, le SAMU Burkina entend mieux faire connaître ses missions, sensibiliser la population à un usage responsable du numéro 15 et mettre en lumière la coordination ainsi que la réactivité de ses équipes dans la prise en charge des urgences médicales.
O.W.R ✍️Collaborateur
Globinfos.net
