Ouagadougou, 29 août 2025 (Globinfos.net) – Au Burkina Faso comme ailleurs en Afrique de l’Ouest, les adolescentes et les femmes, longtemps victimes de violences basées sur le genre (VBG), prennent de plus en plus conscience que l’autonomie financière constitue un rempart essentiel contre les pressions et les abus. Certaines, à l’image de la jeune Zougmoré Jamilatou, l’ont déjà compris et s’engagent résolument sur le chemin de l’indépendance.
Secrétaire dans une société de la place, Nadine S. salue l’initiative de cette adolescente et invite les familles à encourager leurs filles dans cette voie. « Seule l’autonomie financière peut permettre une sexualité responsable aux filles et adolescentes. Le travail garantit la sécurité sexuelle. Si mon emploi couvre tous mes besoins et qu’un garçon me propose une relation, c’est moi qui décide. Et même si j’accepte, je fixe mes conditions. Une femme qui n’est pas financièrement indépendante, même mariée, n’est pas à l’abri de pressions indésirables. Sans ressources, on est souvent contrainte de céder. C’est pourquoi nous incitons les adolescentes et les femmes à apprendre un métier pour se débrouiller quand ça ne va pas », confie-t-elle.
Selon elle, même si certaines jeunes femmes s’adonnent au vagabondage sexuel malgré de bonnes conditions de vie, la majorité des situations à risque trouvent leur origine dans la dépendance financière et le manque d’autonomie.
C’est dans ce contexte que l’histoire de Zougmoré Jamilatou, 13 ans, élève au CEG de Bonnam, force l’admiration. Issue d’une famille installée dans les zones non loties et hébergée par sa grand-mère Abibou à Ouagadougou, elle parvient à financer elle-même sa scolarité grâce à un savoir-faire acquis dès son enfance : le tatouage temporaire.
« J’ai commencé à faire des tatouages il y a quatre ans. Certains jours, je gagne 2 000 F CFA, d’autres 1 000 F CFA. Chaque année, je mets de côté plus de 35 000 F CFA pour payer mes fournitures et avoir un peu d’argent de poche », témoigne-t-elle fièrement.
Logée actuellement aux environs de l’école Cissin AD, Jamilatou fait face aux difficultés du quotidien avec détermination. Son parcours illustre parfaitement comment l’autonomisation économique, associée à l’éducation, réduit les risques de mariages précoces, de grossesses non désirées et favorise une meilleure santé reproductive.
À son exemple, Dorothée, une autre adolescente, exerce la même activité pendant ses vacances, mais excelle davantage dans la manucure et la pédicure. Élégante, élancée, au teint clair et au sourire facile, Dorothée décrit avec assurance son ambition : « Quand je fais une belle manucure à une cliente et qu’elle me dit merci avec le sourire, je sens que je peux aller loin dans ce métier. Je veux apprendre davantage, avoir mon propre salon et aider aussi d’autres filles à se former. Même si je suis encore élève, je sais qu’avec mes mains, je peux tracer mon avenir. »
Cette description morphologique – une adolescente élancée, au port assuré, le visage éclairé par un sourire confiant – vient appuyer la force de son témoignage : malgré son jeune âge, Dorothée incarne la détermination et la dignité d’une jeunesse consciente que l’indépendance financière est le socle de la liberté personnelle.
Ces histoires de vie démontrent qu’avec peu de moyens, il est possible de garder la maîtrise de son avenir et d’inspirer d’autres jeunes filles à persévérer sur le chemin de l’autonomie.
Mamourou BENAO ✍️ Globinfos.net



