Ouagadougou, 28 février 2026 (Globinfos.net) – L’émotion était à son comble ce samedi à Bonheur-Ville, dans l’arrondissement 7 de la capitale burkinabè, à l’occasion de l’inauguration officielle de l’école primaire laïque Les Sucyciennes de Bonheur-Ville.
Une cérémonie chargée de symboles, marquée par des larmes, des témoignages poignants et l’aboutissement d’un rêve longtemps enfoui. Pour Sophie BATIONO, fondatrice de l’établissement, cette inauguration a sonné comme un véritable ouf de libération de l’âme. Submergée par l’émotion, elle n’a pu retenir ses larmes, tout comme son géniteur, lors de sa prise de parole devant une assistance composée notamment de la vice-présidente de Association de la Cour des Femmes (ACF-Burkina Faso), d’autorités coutumières, religieuses et administratives de l’arrondissement 7.
« Je n’ai pas eu la chance d’avoir une scolarité linéaire. Depuis toute petite, je me suis promis que, si un jour Dieu me le permettait, je construirais une école. Aujourd’hui, ce rêve devient réalité », a-t-elle confié, la voix brisée, soutenue par son fils. Visiblement éprouvée, la fondatrice n’a pu achever son discours, laissant toutefois résonner ces mots empreints d’espoir et de responsabilité : « Maintenant que l’école est officiellement ouverte, le reste du travail vous revient. Même si vous n’êtes pas sur place, veillez à ce que ce joyau grandisse. Nous avons fait ce que nous pouvions. »
Sophie Bationo, fondatrice de l’école Laïque le S : «…je me suis promis que, si un jour Dieu me le permettait, je construirais une école. Aujourd’hui, ce rêve devient réalité ».
Abordant le choix du site, Sophie BATIONO a précisé que celui-ci relève de la décision de l’autorité municipale suite à sa demande, tout en soulignant son attachement personnel au quartier qui abrite désormais l’école. Elle a, par ailleurs, adressé des mots de gratitude appuyés aux autorités coutumières, administratives et surtout à ses partenaires, notamment Association des Amis de la Cour des Femmes (ACF-France), pour leur accompagnement multiforme dans la concrétisation de ce rêve d’enfance.
Les autorités coupant le ruban d’inauguration officielle de l’école primaire laïque Les Sucyciennes de Bonheur-Ville.
Même son de trompette du côté du parrain de la cérémonie, Jérémy Bado, qui n’a pas manqué de saluer le leadership et la résilience de la fondatrice. Selon lui, Sophie BATIONO a su transformer une douleur d’enfance en une œuvre utile à la communauté.
« Notre rôle aujourd’hui est de l’accompagner. Nos vœux les plus chers sont de voir, demain, des élèves issus de cette école occuper des postes de responsabilité dans les instances institutionnelles de notre pays », a-t-il exprimé.
Famille Sophie Bationo, partenaires, ami.e.s fils et fils à la cérémonie d’ouverture officielle de son école au quartier bonheur ville à Ouagadougou
Prenant la parole à son tour, le Naaba de Saonré a rendu grâce à Dieu, l’Être suprême, pour avoir permis la tenue de cette cérémonie historique. Il a salué la présence des invités, souhaité la bienvenue aux hôtes venus d’ailleurs et félicité chaleureusement la fondatrice.
« Que Dieu accorde longue vie à Mme BATIONO afin qu’elle puisse bâtir encore d’autres écoles pour la patrie. Que Dieu inspire tous les Burkinabè, bénisse les élèves et les enseignants de cette école avec le succès. Je suis fier, immensément fier », a-t-il déclaré avec émotion.
Pour le représentant de la Présidente de la Délégation Spéciale (PDS) de l’arrondissement 7, l’inauguration de Les Sucyciennes de Bonheur-Ville va bien au-delà d’une simple réalisation infrastructurelle. Elle symbolise un acte de foi en l’éducation, un investissement durable pour l’avenir des enfants du quartier et le fruit d’une coopération associative exemplaire entre le Burkina Faso et la France.
La cérémonie, riche en couleurs, a été ponctuée de prestations artistiques, de chants et de récitations émouvantes des tout-petits déjà inscrits dans l’établissement, rappelant à tous que l’école est avant tout un espace de vie, d’espoir et de construction humaine.
Pour mémoire, la première pierre de cette école primaire laïque a été posée en juillet 2023. Aujourd’hui pleinement opérationnelle, elle accueille déjà 18 pensionnaires pour l’année scolaire en cours. L’établissement dispose de six salles de classe, d’un château d’eau, d’un terrain de football, de toilettes, ainsi que d’une cour entièrement clôturée, garantissant sécurité et cadre propice à l’apprentissage. Un ensemble d’infrastructures né d’un engagement associatif franco-burkinabè profondément ancré dans la conviction que l’éducation demeure l’un des leviers fondamentaux du développement communautaire.