Montée en puissance des fake news, infox, piratages et discours de haine : le Conseil supérieur de la communication appelle à une gestion plus professionnelle des espaces numériques
Ouagadougou, 25 février 2026 (Globinfos.net) – Face à la recrudescence de la désinformation, à la prolifération des faux comptes sur les réseaux sociaux numériques et à la montée des discours de haine, le Conseil supérieur de la communication (CSC), en collaboration avec le ministère en charge de la Communication, appelle à une meilleure coordination entre les médias et les institutions publiques afin de garantir aux citoyens burkinabè une information saine, vérifiée et conforme aux exigences légales et déontologiques.
Dans cette dynamique, le CSC a organisé une rencontre d’échanges avec les responsables de médias et les institutions professionnelles de la communication. La rencontre s’est tenue en présence, au présidium, du ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, du président du CSC, Wendingoudi Louis Modeste Ouédraogo, ainsi que de communicateurs et de responsables de la BCLCC.
Président du CSC, Wendingoudi Louis Modeste Ouédraogo,: « La guerre communicationnelle se mène aussi sur les réseaux sociaux »
« La guerre communicationnelle se mène aussi sur les réseaux sociaux »
Prenant la parole, le ministre de la Communication a salué l’intérêt porté à la thématique, soulignant les défis majeurs liés à la maîtrise des contenus numériques.
« Si nous ne maîtrisons pas nos contenus, nous sommes voués à l’échec. Pendant que nous communiquons, d’autres sont dans de véritables laboratoires de fabrication de fake news. Ce n’est ni de la démagogie ni de la propagande, c’est une réalité », a-t-il déclaré.
Il a insisté sur la nécessité de maîtriser l’information de bout en bout, appelant les médias et les institutions à une vigilance accrue face aux stratégies de désinformation, notamment à travers la création de faux profils et le sabotage organisé des publications institutionnelles.
« Restez vigilants et assumez pleinement la place qui est la vôtre », a-t-il exhorté.
Ministre de la communication, porte-parole du gouvernement, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo : « Restez vigilants et assumez pleinement la place qui est la vôtre…»
Liberté d’expression, oui… mais dans un cadre responsable
À sa suite, le président du CSC, Louis Modeste Ouédraogo, a souhaité la bienvenue aux participants et rappelé les principes fondamentaux devant régir l’espace numérique.
« Dans un contexte marqué par la prolifération de faux comptes, l’usurpation d’identité et la recrudescence des discours de haine, la liberté d’expression ne saurait signifier un espace de non-droit », a-t-il martelé.
Il a salué la présence des patrons de presse, des journalistes et des responsables institutionnels, tout en réaffirmant l’engagement du CSC à œuvrer pour un numérique responsable, éthique et apaisé.
Vers une modernisation responsable des espaces numériques
Pour l’année 2026, le CSC annonce une intensification des formations au profit des acteurs des réseaux sociaux numériques. L’objectif n’est pas de restreindre la parole, mais de promouvoir le droit, l’éthique et le professionnalisme dans l’espace numérique.
Le Conseil recommande notamment : la mise en place d’équipes dédiées à la gestion et à la modération des plateformes numériques ; l’adoption de stratégies de modération a priori et a posteriori ; le paramétrage de restrictions adaptées aux fora de discussion.
Selon les autorités, les règles applicables dans l’espace physique doivent également s’imposer dans le numérique : toute infraction doit entraîner des sanctions.
Des besoins exprimés par les professionnels
Des besoins exprimés par les professionnels
Au cours des échanges, des doléances relatives à la formation et à la dotation en outils numériques ont été exprimées par des journalistes et des responsables de communication, notamment par le porte-parole de l’armée burkinabè, le lieutenant-colonel Abdoul Aziz Ouédraogo.
La formation des administrateurs de pages et la mise à disposition de logiciels adaptés pour une gestion efficace des plateformes numériques demeurent des préoccupations majeures.
Le CSC s’est dit conscient de ces défis et s’est engagé à approfondir la réflexion afin d’apporter des réponses appropriées.
De l’avis des participants, les faux profils, le piratage des pages institutionnelles, les contenus manipulés et l’usurpation d’identité numérique constituent aujourd’hui les principaux vecteurs de désinformation et de propagande dans l’espace numérique burkinabè mettant en rude épreuve les efforts et bataille professionnel.