Ouagadougou, le 18 novembre 2025 (Globinfos.net) — « Nous combattons avec les armes, mais l’art aussi est une arme ». C’est avec cette conviction que le Caporal Sankara Yacouba, Sapeur-pompier à la Brigade nationale, détaché à la Direction de la communication et des relations publiques, et par ailleurs membre de l’orchestre des Forces armées nationales, a choisi de porter un message sensible au grand public : celui des discordes familiales autour de l’héritage des militaires tombés au front.
Le Caporal Sankara constate depuis des années des divisions profondes dans certaines familles endeuillées.
« L’idée m’est venue après avoir vu comment, dans plusieurs familles, l’héritage d’un fils ou d’une fille militaire décédé provoque des tensions, des rejets et même des ruptures. J’ai donc choisi le cinéma comme arme artistique pour sensibiliser, appeler au soutien des veuves, des orphelins et encourager les familles à faire preuve d’humanité et de solidarité », a-t-il confié aux journalistes ce mardi au Musée militaire de Ouagadougou.
Un long métrage poignant, inspiré de réalités vécues
Dans ce film en préparation, intitulé « L’Héritage du combattant », le Caporal Sankara Yacouba endossera le rôle principal, incarnant le militaire décédé.
« J’étais avec ma compagne et elle me parlait souvent du mariage. Je lui promettais toujours que cela se ferait bientôt. Avant ma dernière mission, je lui ai juré qu’à mon retour, nous allions enfin officialiser notre union. Malheureusement, je n’en suis jamais revenu… », explique-t-il.

Après les funérailles, le drame se poursuit : « Ma famille accusera ma femme d’être la cause de ma mort. Ils l’accuseront d’injustice, se demanderont pourquoi mes collègues sont rentrés et pas moi. Ils la dépouilleront de tous mes biens et la chasseront, elle et notre enfant… »
À travers ce récit inspiré de situations réelles, le film met en lumière les conséquences psychologiques et sociales de ces conflits : stigmatisation des veuves, rejet des orphelins, déchirement familial, cupidité autour des biens laissés par les militaires. Le message se veut clair : promouvoir la cohésion sociale, la solidarité et le respect de la dignité des familles des combattants disparus.
Un projet ambitieux encore en quête de soutien
Le long métrage, d’une durée prévue de plus d’une heure fera intervenir plusieurs acteurs connus du milieu cinématographique burkinabè. Le budget global est estimé à plus de 20 millions de F CFA, un montant qui n’est pas encore totalement mobilisé.
Le promoteur lance donc un appel aux bonnes volontés, institutions, mécènes, partenaires culturels et acteurs engagés pour la paix, afin d’accompagner la réalisation de cette œuvre à forte portée sociale.
Mamourou BENAO ✍️
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