Évaluation de l’Institutionnalisation de la prise en charge des maladies infantiles au niveau communautaire : Dr Hamed Sidwaya Ouédraogo nanti de son doctorat en santé publique avec mention très honorable
Dr Hamed Sidwaya Ouédraogo a soutenu avec brio sa thèse de doctorat unique, le 19 décembre 2025, à l’Université Joseph Ki-Zerbo. Ses travaux, sanctionnés par la mention « Très Honorable », passent au crible l’institutionnalisation de la Prise en charge intégrée communautaire des maladies de l’enfant (PCIME) au Burkina Faso.
Le jury de soutenance de thèse, présidé par le Pr Didier Koumavi Ekouevi de l’Université de Lomé, n’a pas tari d’éloges sur la pertinence du sujet. Sous la co-direction des professeurs Maxime Koiné Drabo et Abdramane Bassiahi Soura, l’impétrant a exploré avec brio les mécanismes de la PCIME, une stratégie cruciale visant à rapprocher les soins des ménages ruraux en vue de lutter contre le paludisme, la pneumonie, la diarrhée et la malnutrition des enfants.
Les membres du jury ont posé avec le médecin et Dr Hamed Sidwaya Ouédraogo après sa soutenance de thèse
Bien que la volonté politique soit réelle, l’étude d’Hamed Sidwaya Ouédraogo révèle des « zones d’ombre » dans la mise en œuvre de cette stratégie. L’une des conclusions majeures souligne un manque d’appropriation locale.
« Nous avons constaté que les prescriptions émanent souvent des partenaires techniques et financiers. C’est une bonne chose, mais cela entraîne un déficit d’ancrage national », a expliqué le nouveau et ancien docteur.
L’étude pointe du doigt l’insuffisance relative à la transition amorcée en 2016 avec le recrutement d’agents de santé communautaire. En effet, il explique que la gratuité des soins, pilier du dispositif, a buté sur des problèmes de logistique comme la disponibilité des médicaments et une motivation insuffisante des agents sur le terrain. Ainsi, Hamed Sidwaya Ouédraogo a proposé une gouvernance multi-sectorielle notamment entre plusieurs ministères.
Loin de se contenter d’un constat, le Dr Ouédraogo propose des solutions concrètes pour inverser la courbe de la mortalité infanto-juvénile. Il s’agit de la gouvernance élargie qui vise à impliquer les ministères de l’Économie et des finances, le ministère de l’Administration territoriale et le ministère de la Jeunesse et de l’emploi dans la mobilisation des ressources, a t-il suggéré.
Hamed Sidwaya Ouédraogo est désormais titulaire de son doctorat unique avec la mention trés honorable du jury
Il a également mentionné la nécessité de réviser le système d’indexation des primes des agents de santé communautaire et le renforcement de leur encadrement via un système de mentorat.
« Faire de la santé une affaire communautaire »
Pour le Pr Maxime Koiné Drabo, directeur de thèse, le travail de l’étudiant constitue un outil d’aide à la décision pour le ministère de la Santé. Il insiste sur la fin de la dépendance aux financements extérieurs en mettant l’accent sur l’implication des communautés, elles-mêmes. « Lorsque l’implication communautaire est prescrite et qu’elle ne vient pas des bénéficiaires, elle s’étiole dès que les financements diminuent. », a déploré le directeur de thèse.
Le Pr Maxime Koiné Drabo, directeur de thèse a salué la pertinence de la thèse : « Lorsque l’implication communautaire est prescrite et ne vient pas des bénéficiaires, elle s’étiole dès que les financements diminuent. »
Le Pr Drabo martèle que la résilience du système de santé burkinabè passera par un financement endogène et une responsabilité partagée. « Tout doit partir des communautés. Elles doivent être les actrices de leur propre santé et non de simples exécutantes de directives venues d’ailleurs », a-t-il laissé entendre.
Une photo avec les membres du jury au grand complet
Les résultats de cette thèse seront prochainement transmis à la Direction de la santé communautaire pour une possible intégration dans les futures politiques publiques. En somme, l’étude menée par le désormais double Dr Hamed Sidwaya Ouédraogo, contribuerait à terme à une amélioration de la prise en charge des maladies infantiles au niveau communautaire à travers une meilleure appropriation locale.