Centre Faso Code X à Bobo-Dioulasso : Refuser le numérique aujourd’hui, c’est accepter de dépendre des autres demain_ « Yacouba Sow , DG Faso Code X
» À Faso Code-X, nous formons des profils capables de concevoir des solutions adaptées à nos réalités, pas de simples utilisateurs d’outils étrangers »
La rentrée académique du centre de formation Faso Code X basé à Bobo -Dioulasso, a officiellement eu lieu le 23 février 2026. École pionnière en matière de formation académique dans le domaine numérique au Burkina Faso, son directeur général a bien voulu nous accorder une interview. Yacouba Sow, car c’est de lui qu’il s’agit, avec clarté, il répond à nos questions. Il n’occulte aucun aspect dans les réponses qu’il accorde à nos questions. Il nous parle des innovations majeures au sein du centre, sans oublier les atouts qu’offre la formation numérique aux apprenants. Pour lui, le numérique est un outil qui peut aider à bâtir l’avenir avec sérénité et surtout permettre aux nations d’être au diapason de l’évolution technologique. Expert dans le domaine du numérique, Yacouba Sow, directeur général de Faso Code X apporte sans ambage son analyse sur le futur de la société avec l’usage à bon escient de ces outils technologiques. L’école a une vocation sous-régionale et ouvre ses portes non seulement aux jeunes du Burkina mais aussi aux jeunes des pays de l’Alliance des Etats du Sahel (AES) ainsi qu’ aux jeunes de la sous-région de façon générale. Lisez plutôt !
La rentrée des classes a eu lieu dans l’enceinte de Faso Code X à Bobo -Dioulasso le 23 février 2026 pour la première promotion en présence du directeur académique
Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs et internautes de façon exhaustive ?
Je suis Sow Yacouba, Directeur Général de FasoCode-X.
Je suis Spécialiste Senior des Systèmes d’Information avec plus de vingt années d’expérience dans la gestion de projets informatiques, l’administration des systèmes, réseaux et télécommunications, aussi bien dans le secteur privé, public que dans des institutions internationales.
Des Étudiants vivant à Ouagadougou pourront se rendre à Faso Codes X gracieusement à Bobo -Dioulasso pour suivre les cours via Elitis Express
J’ai occupé des postes de responsabilité à CONNECTEO, Water and Sanitation for Africa (WSA), la Maison de l’Entreprise du Burkina Faso (MEBF), Save the Children International (SCI), l’Agence Internationale des Télécommunications par Satellite (ITSO), où j’intervenais comme expert formateur auprès de plusieurs pays dans le domaine des télécommunications par satellite.
Aujourd’hui, à travers FasoCode-X, ma mission est claire : contribuer à bâtir au Burkina Faso une élite technologique capable de concevoir, sécuriser et piloter les infrastructures numériques stratégiques de demain.
Le Président directeur général du groupe Sissiman, Roland Achille Sow, par ailleurs président de la délégation spéciale de la chambre du commerce et d’industrie du Burkina, promoteur de l’initiative de Faso Code X pour accompagner la jeunesse Burkinabé et de l’AES à une meilleure insertion socio-professionnelle
Vous avez procédé récemment à la rentrée académique au sein de votre centre de formation. Sous quel signe placez-vous cette première promotion ?
Effectivement, la rentrée académique de FasoCode-X a eu lieu le 23 février. Cette première promotion est placée sous le signe de l’excellence, de la rigueur et de la transformation.
Dès leur installation, nos étudiants ont passé un test de niveau. Cela nous permet, avec le Directeur Académique et les experts formateurs, d’évaluer précisément leur niveau d’entrée et d’adapter l’intensité pédagogique.
Nous ne faisons pas de formation théorique déconnectée des réalités. Nos programmes en Intelligence Artificielle & Machine Learning, Cloud & DevOps, ainsi qu’en Cybersécurité & Défense, sont conçus pour former en un an des profils immédiatement opérationnels, capables de travailler sur des projets concrets, sensibles et stratégiques.
Cette première promotion est notre baptême de feu, mais surtout le point de départ d’une nouvelle ère de formation technique de haut niveau au Burkina Faso.
Certains acteurs sont sceptiques sur l’avènement numérique et y sont réticents. Que leur dites-vous ?
Je leur dis que le numérique n’est plus une option. C’est une réalité irréversible.
Nous vivons déjà dans un monde piloté par les données, les systèmes connectés, les plateformes numériques et les infrastructures critiques digitalisées. Refuser le numérique aujourd’hui, c’est accepter de dépendre des autres demain.
Le véritable enjeu n’est pas de savoir si le numérique est bon ou mauvais. La vraie question est : voulons-nous être consommateurs ou acteurs ?
À FasoCode-X, nous avons choisi d’être acteurs.
Certains soutiennent que l’initiation à l’IA est source de paresse et tue la capacité cognitive humaine. En tant qu’expert, que leur répondez-vous ?
A travers un partenariat du centre de formation Faso Code- X, des experts internationaux en numérique interviennent au sein du centre pour former les jeunes Burkinabè et de la sous région ( le directeur académique du centre de formation numérique à gauche)
L’Intelligence Artificielle ne remplace pas l’intelligence humaine. Elle l’augmente.
Dire que l’IA rend paresseux, c’est comme dire que la calculatrice a détruit les mathématiques. En réalité, elle a permis d’aller plus loin.
L’IA supprime les tâches répétitives, accélère l’analyse et ouvre la voie à des niveaux de réflexion plus stratégiques. Elle exige même davantage d’esprit critique, car il faut comprendre ses limites, ses biais, ses risques et savoir l’encadrer.
À FasoCode-X, nous formons des créateurs d’IA, pas des consommateurs passifs. Nos apprenants comprennent les algorithmes, les modèles, les architectures cloud, les mécanismes de cybersécurité. Ils maîtrisent la technologie au lieu d’en être dépendants.
Comment le numérique doit-il être introduit dans les écoles sans influer négativement sur l’effort humain ? Faut-il réserver l’IA aux professionnels ?
Le numérique doit être introduit de manière progressive, structurée et encadrée.
Il ne s’agit pas de remplacer l’effort humain, mais de le structurer avec des outils modernes. L’école doit d’abord enseigner les fondamentaux à savoir la logique, les mathématiques, l’esprit critique, la culture générale. Ensuite, le numérique vient amplifier ces compétences.
L’IA ne doit pas être réservée uniquement aux professionnels. Mais son usage doit être pédagogique et responsable. On ne donne pas un outil puissant sans former à son éthique, à ses limites et à ses risques.
C’est pourquoi la formation des formateurs est essentielle. Et c’est aussi le rôle de centres comme FasoCode-X : créer une expertise locale capable d’accompagner cette transition intelligemment.
Comment tirer le maximum de profit des nouvelles technologies que sont vos domaines de formation ?
Pour tirer le maximum de profit du numérique, trois conditions sont essentielles notamment, la compétence locale, la maîtrise des infrastructures, la sécurité des systèmes
L’Intelligence Artificielle permet d’optimiser l’agriculture, la santé, les finances, l’administration publique.
Le Cloud et le DevOps permettent de moderniser les services et de réduire les coûts.
La Cybersécurité protège la souveraineté numérique et les données sensibles.
Mais sans experts formés localement, ces technologies deviennent des dépendances.
À FasoCode-X, nous formons des profils capables de concevoir des solutions adaptées à nos réalités, pas de simples utilisateurs d’outils étrangers.
Avez-vous un appel à lancer aux Burkinabè et aux populations de l’AES ?
Je réponds par l’affirmative. Oui.
Le monde change vite. Très vite.
La révolution numérique est en marche et elle ne nous attendra pas. Le Burkina Faso et les pays de l’AES ont une opportunité historique : former une génération de talents capables de sécuriser, développer et transformer nos États.
J’invite les jeunes, les professionnels, les entreprises et les institutions publiques à investir dans la compétence technologique.